SPARNABULLES...une causerie du vin, avec ou sans bulles !

13 juillet 2021

Alors, des bulles, des bulles, et enfin des bulles...

Voici un long compte rendu d'une soirée annuelle tenue début juin. Un seul thème chaque année : apporter une ou  bulles...et comme on est taquins, de partout. Voici sans fard tous les vins dégustés, dans l'ordre de service qui s'est avéré excellent, pourtant décidé en quelques minutes par notre hôte, qui seul savait ce qu'il servait,pour nous tout étant à l'aveugle voire transvasé si originaire d'une bouteille de forme spéciale...taquins je vous dis. Allez, go, et pas de chichis !

Vin non servi à l'aveugle car "mise en bouche" : un peu desservi par le dosage à 7gr très récent et le tapissage des papilles toutes neuves, voilà un beau nez patissier, une vinosité prometteuse, c'est jeune et ça ne doute de rien. 13/20. C'est la cuvée Tradition du domaine Claude MICHEZ, dont nous reparlerons car vous ne devez pas rester dans l'ignorance comme disait l'ami Choron. Vins de réserve 2010 à 2018, base 2017 (50%), 3/4 pinot, 1/4 chardo. Moins de 20 €, si, si, c'est possible...quel début !

1er vin : nez doucereux, bouche sèche, trsè peu champagne dans l'esprit, variétal. Pas si mauvais mais simpliste au possible C'est un vin mousseux de moselle...9/20. pas noté le producteur.

2eme vin : joli nez équilibré, chardonnay assurément, douce oxydation, je ne note rien de plus sur ce crémant de bourgogne ...10/20

3eme vin : proche du numéro 2, c'est plus dense, réduction ici, un crémant de bourgogne encore, 2012. C'est convenu et oublié assez vite 11/20

4eme vin : Beau nez fruité, élégant mais vif. Notes exotiques qui signent la Loire. Sans prétention 11.5/20. Mais ils sont où les Champagnes ?

5eme vin : Chardonnay annonce le nez. Ha, on dirait bien du Champagne là..mais c'est trop court pour impressionner, et parait sulfité. 12/20. Champagne DIOGENE TISSIER. Blanc de Blancs.

6eme vin : Nez fumé, oxydation ménagée. Personne ne reste indifférent devant les fruits jaunes, l'amande, l'abricot. C'est space mais très bon. Vin de Loire : Triple Zéro de la TAILLE AUX LOUPS .13.5/20.

7eme vin : Nez puissant, un Champagne classique mais que l'amateur peut apprécier pour son côté fédérateur. 61% pinot, 39% chardo. Chamlpagne "LALLIER 15".  13/20

8eme vin : C'est long, belle bouche crémeuse. Au dessus du "lallier 15". Vous avez remarqué ? les notes montent presque linéairement..c'est très rare à l'aveugle ! Blanc de Blancs 2016, encore un beau vin de  Claude MICHEZ. 14/20.

9eme vin : nez crayeux, minéral, bouche sucraillonne sur des amers dérangeants. RUINART Blanc de Blancs. 11.5/20. déception unanime et la 2eme en 2 présentations...

10eme vin : très fruité, beurré mais élégant, jeune ? Fruits jaunes, suscite un bel intéret. Champagne PETIT BAJAN, "Nuit blanche" extra brut 14/20

11eme vin : nez proche du ruinart, vin court, sans grand intéret...CLIQUOT "extra old" extra brut  11.5/20, il s'est déjà mieux gouté...

12eme vin : Nez réduit, dosage perceptible, fédérateur par manque de singularité...BESSERAT DE BELFON, cuvée des moines 12/20

13eme vin : Mûr, plein, sur la mirabelle, c'est chaleureux et relevé...d'un coup le niveau de la soirée grimpe...superbe pour moi. Champagne LA VILLESENIERE, cuvée Harmony pinot/chardo 2012.  15.5/20

14eme vin : Vif, de garde, trop évanescent mais agréable. Champagne LANSON Extra âge.  14/20

15eme vin : tiens, du pinot ? ha ben non dit la bouche..c'est un peu réduit, et assez peu dosé, ambitieux de matière. Champagne DIOT, "subtil"; élevé en feuillette. Excellent !  15/20

16eme vin : encore de la prune, c'est séveux et riche, sur l'amande. Belle longueur, finale vive. Unanimes nous furent : Champagne LAHERTE "les 7"  15.5/20

17eme vin : un poil pharmaceutique, c'est du pinot jeune, trop jeune car c'est très prometteur, se patinera avec grâce : Champagne parcellaire  LA VILLESENIERE "PN 170"  13.5/20 en l'état mais futur best-seller...cuvée non encore en vente, j'espère qu'elle sera abordable (disons 35 € ce serait top !) pour en encaver  un carton pendant 4 ou 5 ans !

18eme vin : Fruité acidulé interloquant. C'est sur la pêche mais aussi la fleur blanche..un peu un (bel) ovni...c'est un assemblage Petit meslier, Arbanne, Pinot Blanc.. Champagne TARLANT, cuvée "BAM"   15/20 car franchement mémorisable d'inédit.

19eme vin : Puissant, confit, vineux discret mais qui conduit toute la dégustation. Champagne Blanc de Rose 2013  GEOFFROY (cumières, ay), 14.5/20.

Pardon pour ces notes trop succintes mais le compte rendu n'était pas la priorité, le nombre de vins et la bonne humeur de la tablée aidant...

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25 avril 2021

Champagne Charlot tanneux 2013, Rosé "Chardonnay en Parure de Rose"


CHAMPAGNE Charlot Tanneux, Chardonnay en Parure de Rose 2013

Rosé de macération de 50 heures, Meunier de Mardeuil 10%, Chardonnay de Vauciennes 90%. Elevage 11 mois en petits fûts de chêne. Dosage 4.5 gr. Dégorgement  juillet 2017.

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Ce vin issu de la froide et tardive vendange 2013 (début octobre comme dans les années 90 !!) en a toute les caractéristiques épinalesques : droit, frais, délicat...mais heureusement le vigneron s'exprime dès le nez : c'est vineux sans excès, sur la fraise des bois et une pointe d'oxydation (diaphane) qui apporte une note gourmande indispensable pour contrebalancer la fraicheur de ce vin qui parait encore un gamin. Si vous aimez être titillé par une trame finement tannique, ce rosé est fait pour vous.
Si vous aimez la richesse, la sucrosité exubérante des rosés de saignée sur la jeunesse, choisissez alors dans sa large gamme un autre rosé (il y en a jusque 3 en même temps), le tout étant de trouver ces vins, incroyablement difficiles à dénicher en dehors du domaine...mais en Corée ou en Italie c'est plus facile parait-il.
Un vin assez addictif car jamais lassant compte tenu de son évolution dans le verre, comme parfois avec les vins élaborés sans fermentation malo-lactique, mutiques à l’ouverture.
J'aimerai, pour ma culture, gouter ce vin sur un millésime tenu comme solaire...même si ici tout est en place pour mon goût.

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20 avril 2021

Champagnes Benoit Marguet : Tasting 2016, 2017..et verticale SAPIENCE.

Benoit Marguet, discret mais toujours au petit sourire en coin, semble fier et comptable de cette production artisanale, que ce soit les vins du domaine ou ceux de son petit négoce haute couture, le tout  en-tiè-re-ment non dosée et à la gamme désormais bien ancrée chez les passionnés de vins du monde entier. Voici mes notes que j'ai volontairement amputées des arômes pour me concentrer sur les ressentis. Exit donc la vanille, la mirabelle et la poire..et pourtant ils étaient tous là ! :

YUMAN 2018 : un vin voulu consensuel. Réservé, en rondeur relative, il est peu disert à ce stade, seul le nez sur les fruits blancs apporte un peu de gourmandise. A garder en cave 12/18 mois avant ouverture.

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SHAMAN 2017 : Quel beau Champagne ! Découvert avec le millésime 2014, ce coup de coeur au pinot majoritaire semble pour moi perpétuel. Boisé marqué mais tellement charmeur...car la matière est sans faille, rendant crémeuse la dégustation. Insolent de jeunesse. Addictivement à boire et pour au moins 5 ans.

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SHAMAN ROSE 2017 :Vineux, éclatant, son élevage enrobe le vin. Un rosé d'assemblage et de gastronomie, ample mais toujours assez tendu. C'est jeune mais là aussi, déjà  abordable.

Les crus :

OIRY 2016 : un 100% chardonnay assez exclusif. Un vin droit, presque incisif à ce stade. 2016. Cette version florale est à mettre en cave : il lui manque vraiment du temps pour s'exprimer.

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AVIZE/CRAMANT 2016 : la côte des blancs dans toute sa splendeur...comment résister à ce vin aérien, gourmand mais à la belle finale allongée. Du niveau d'un beau millésime de De Sousa. Prêt à boire mais on en reparle dans 10 ans.

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VERZENAY 2016 : je me concerte avec moi-même...et le gagnant est VERZENAY ! La matière 100% Pinot est infaillible, sur un boisé marqué mais aucunement asséchante. Ce vin sublime le cépage en lui otant une partie de son équilibre proverbial sur la noble amertume. Et tout ça sans aucun dosage. Chapeau.

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AMBONNAY 2016 : 60% pinot, 40% chardonnay, un vin terrien qui trouve son équilibre sur une pointe oxydative. Il gagnera en complexité en cave.

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Une série qui présente 2016 chez Benoit Marguet comme un millésime très réussi, sans caractère dominant : 2015 était solaire, 2013 très frais, 2012 dense et fruité..2016 est plutot en longueur et en vinosité, une année "sans histoire" qui est  très largement millésimée en Champagne, à juste titre.

Les Lieux dits :

LES CRAYERES 2016 : une première en 100% chardonnay. Fin, élégant, un bonbon acidulé qui se situe entre le Oiry et le Avize/cramant au niveau olfactif, avec un plus de fond et en plus vineux. Excellent !

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LES BEURYS 2016 : 70% chardonnay, 30% pinot. Peu disert, un vin plus immédiat et moins typé artisan. Sa qualité fédératrice évidente souffre d'être ici entre 2 de mes vins préférés.

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LES SAINTS REMYS  2016 :100% pinot. Si la définition obscure "d'extrait sec" dans le vin vous laisse encore de marbre, il faut gouter ce vin qui à l'instar du Verzenay 2016 est à la fois vineux et fruité et salin. La mirabelle (ha, un arôme !) est si présente qu'on en oublie qu'on a ici un vin de belle garde qui se patinera avec une oxydation ménagée -à peine perceptible ce jour-.

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LE PARC 2014 : servi en jéroboam et carafé, ce 100% chardonnay  est encore un gamin. Le flaconnage a sans doute limité son évolution. Complexe et abordable, , sur des beaux amers presque effacés depuis ma première rencontre en 2018...mais j'aurait dû le gouter dans la série des crus où il serait plus à son aise. Boisé désormais totalement intégré, consensuel et de garde pour 20 ans dans cette version.

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Le niveau de densité est monté d'un cran avec ces parcellaires. Une fois encore Saints Remys assume son niveau -excellent- depuis plus de 4 ans...

 

Sapience :

Une cuvée qu'il faut toujours présenter : issu de raisins de 3 vignerons de (très) haut vol : David Leclappart pour ses Chardonnay de Trépail, Vincent Laval pour ses Meuniers de Cumières, Benoit Layahe pour ses Pinots Noirs de Bouzy. Depuis le millésime 2012, ce sont les Pinots d'Ambonnay de Benoit Marguet qui remplacent ceux de Bouzy. 50% de Chardonnay, 25% de Meunier et 25% de Pinot Noir en sont la composition constante.

2015 : vin très posé, à la texture serrée, je suis presque surpris du boisé intégré. Ce millésime solaire dégage une telle matière que le dicton "bon sang de bois" prend tout son sens, en littéral pour une fois. Vinification millimétrée comme toujours. Egal en volume au Taittinger Comtes de Champagne ouvert le mois dernier, Sapience 2015 lui sera possiblement -bien- supérieur avec un peu de garde pour le complexifier. Blockbuster en devenir.

20210419_103607[1]La photo est celle de l'échantillon, c'est actuellement 2011 qui est à la vente.

2014 : Floral, à la fois plus frais et plus vineux que le 2015, il est aussi avec 2011 le plus abordable  ..mais entendons nous : lorsque le moins expressif est déjà du niveau des plus grandes cuvées champenoises, cet "abord" est trompeur, gare à la pronfondeur des toutes ces cuvées !

2013 : Encore plus en fraicheur, signe de cette année aux vendanges les plus tardives des 25 dernières années. Densité égale au 2014, ce sera la seule filiation évidente de la série. En retrait à ce stade, je suis presque certain que j'aurai écrit "2016" à l'aveugle sur mon carnet. A gar-der !

2012 : hoho le coup de coeur !..je retrouve les vibrantes sensations du 2006 et du 2008. Le fruit de ce millésime bien né en sus. Il se rapproche du 2015 par sa densité hors norme et une définition grasse et vineuse, à la finale élancée. Il faut le garder un peu..mais je doute qu'un seul amateur s'y risque tellement c'est excellent. Au parangon des vins d'artistes.

 

2011 : Ha, cette vibration qui est le dénominateur commun de Sapience..la voilà qui  domine ce 2011. Je sais que ce terme "vibration" fait un peu esotérique. Si je remplace par dense,salin, élancé et de grande longueur, c'est mieux  mais c'est trop ! Ce 2011 est un vin disponible pour la table ou un apéritif bien accompagné par une rillette de cabillaud maison (au fromage blanc, pas à la crême !). Sa matière n'égale pas celle des 2012 et 2015 mais  c'est un magistral pied de nez à la réputation des 2011, souvent de sinistre mémoire en champagne.

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Impossible de terminer l'examen de ce "tour de force" qu'est Sapience sans se dire que le postulat de départ "faire la meilleure cuvée régulière de Champagne en n'éludant aucun millésime, et en viticulture biologique" est très largement réussi. Je ne goute pas tous les jours les Champagne les plus chers mais je sais qu'après 25 ans de cet excercice, c'est de très loin ces vins que j'aimerai boire dans les grandes occasions. Ils sont vivants.

 

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18 avril 2021

Clos Rougeard, Saumur Champigny 2002

Clos Rougeard, Saumur Champigny 2002

Allons à l'essentiel : je ne reconnais pas le vin profond et racé ouvert l'an passé. Ne subsiste que du poivron rouge et une finale acerbe.

Notons que le vin était perlant à l'ouverture. Contacté ce jour (un dimanche...il est cool), mon caviste fournisseur reste coi et nous pensons à un défaut de bouteille. La première déconvenue des 12 acquises à leur sortie et même pour ma part de toutes celles ouvertes de ce domaine. Dommage car le bouchon est le plus beau jamais rencontré sur un rouge de cet âge, la photo parle d'elle même...

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Jurançon moelleux Domaine Cauhapé 1996 "Noblesse du Temps"

Jurançon moelleux Domaine Cauhapé 1996 "Noblesse du Temps"

La couleur est très brillante, presque flashy, et intrigue beaucoup. Ouvert à l'aveugle comme tous les vins tranquilles de la soirée, on part dans tous les sens. Les notes de champignon nobles, d'humus, la finale fraiche, indique un des 3 cépages qui sont aussi bons secs que très liquoreux : Riesling, Chenin ou Petit manseng, avec un équilibre sucre/acide plutôt que sucre/amer.

20210418_191953[1]Les notes exotiques ne trompent pas : direction le sud ouest !

Voici un vin qui ne bouge que peu. J'avais même racheté 3 cols en 2017 pour pouvoir prolonger ce plaisir connu depuis plus de 15 ans sur cette cuvée.

Pari réussi : cela reste aérien malgré l'âge, et très peu de notes oxydatives en l'état. Superbe et pourtant sans doute moins de 100 gr de sucres résiduels, nous qui aimons les Chenins de plus de 200 grs dans de telles dégustations.

La cuvée "Quintessence 1995" du même domaine et ouverte en 2019 nous a paru au finale à peine supérieure, pour un prix très supérieur.

Jurançon, l'autre pays des grands liquoreux ! 18.5/20.

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Anjour Richard LEROY, Noels de Montbenault 2002

Ouvrir une des plus belles bouteilles produites en Anjou (avant que cette cuvée devienne un Vin De France) impose un petit cérémonial. Chaussette sur la bouteille, on parle d'autre chose et on attend que les nez se plongent dans ce liquide doré intense (si, si couleur "doré intense" selon ma voisine). Et le silence se fait. On peut commencer.

Matière, extrait sec, seront les mots du moment. On pourrait presque tenter de palper en bouche des morceaux de vin tellement celui-ci a développé avec le vieillissement une trame profonde et vibrante. La filiation avec la coulée de Serrant 1995 nous parait évidente, avec un supplément d'âme ici.

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Ouvert avec un ami qui m'avait offert la BD des Ignorants où Richard Leroy est un des protagonistes, nous tentons de profiter de ce moment où la pointé épicée (gingembre) relève l'encaustique et le petit côté coing/pomme verte devenu diaphane avec le vieillissement.

Le vin blanc sec de 2021 à ce jour, pour sûr.

19/20.

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Champagne Clos Cazals 2002 Grand Cru

Ce domaine du Mesnil Sur Oger, avec son beau clos en haut du village est assez rare en dégustation.  

 

Voici le 2002, dégorgé il y a 10 ans maintenant avec un dosage extra brut.

20210418_192016[1]Une robé ambrée brillante, un nez sur l'oxydatif mais surtout la poire, le tilleul. Un Blanc de Blancs assez peu "Chardonnay" pourant car peu de notesmiéllées ou patissière.

La patine du temps à fait son oeuvre et nous avons là un Champagne majeur; puissant car tout en matière mais élégant et encore altier, avec une belle finale fraiche mais non acerbe.

Un vin qui mérite un 17.5/20...avec un peu plus de civilité, il serait difficile à battre à l'aveugle.

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13 février 2021

Champagne Jacquesson Cuvées "735" et "DT 735" : redécouverte de la base 2007

Il s'agit ici de la Cuvée 735, base récolte 2007, dégorgée en 2011 avec 3.5 gr.

J'ai voulu faire le parallèle avec la cuvée D.T. (dégorgement tardif) désormais comercialisée par les frères Chiquet, que j'ai eu l'occasion de déguster la semaine dernière : dosage 2.5 gr, dégorgement 2016 de mémoire. Voici un imaginaire dialogue entre moi et oim.

735 : Presque 10 ans après son dégorgement, l'évolution n'est pas phénoménale. Réelle mais douce, aimable. On pourrait partir sur un blanc de noirs de 5/7 ans alors qu'on est ici à 50% chardonnay et 50% pinots noirs/meuniers.

DT 735 : L'évolution est différente, quelques notes de champignons, un boisé discret (disons un léger vanillé).

735

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735 : nez vineux, la figue s'exprime et de douces épices.

DT 735 : c'est plus patissier mais le registre est identique, avec une pointe d'agrume bien agréable.

735 : é-qui-li-bré ce vin est. Le dosage léger, complètement intégré, rapproche la perception en bouche de celle d'un vin de Benoit Marguet à Ambonnay (une fois encore analogie avec champagne à majorité pinots). Vinosité et densité moyenne, il ne s'agit là que de "l'entrée de gamme" de cette maison, mais belle longueur et buvabilité importante, un vin qui donne faim. Le côté incisif parfois reproché à cette cuvée est totalement absent. Si la finale est nette est fraiche, ce n'est que compliments.

DT 735 : semble plus puissante mais quasi plus fine (?) et précise. Supérieur en plaisir par son équilibre souverain et une qualité de vinification qui transparait plus que sur le 735 vieillit en cave. Tout y semble réfléchi, posé.

Conclusion : très proches, mais avec un supplément de tout dans la version DT.  Le 735 de 10 ans d'âge est à mon sens l'équivalent de la cuvée Vintage de Follet Ramillon dans son approche franche, artisane et un poil brute. Le DT 735 reste souverain, sans aucunement justifier un différentiel de tarif important.

 

 

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03 février 2021

Gaillac doux Rotier Renaissance 2007

Gaillac doux Rotier Renaissance 2007

 Etonnant parce qu'à l'aveugle je serai parti sur un Monbazillac même si le miel ne domine pas..

20210203_181638[1]Liquoreux de bon niveau (145 gr de résiduels ai-je noté lors de l'achat) et avec un équilibre fruit-amertume proche d'un Barsac.

2007 ? Nous lui donnions ses 20 ans comme un grand. Sans doute notre habitude du chenin, cépage toujours à la fraicheur trompeuse...

Les arômes de figue de ce pur Loin de l'oeil (mais quel nom de cépage !) finissent sur la chaleur, l'abricot sucré, le tilleul. Buvabilité exemplaire..Une très belle bouteille, on sent le raisin de grande qualité, à l'extraction douce et aux sulfites sans doute rares...plus de 30 cls plus tard la tête est nette, un beau signe pour un liquoreux pour qui est sensible à ce parfois travaers de vinification.

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24 décembre 2020

Champagne Petraea de Francis Boulard et Filles, Soléra 1997-2002

Je sais, je sais... parmi la foultitude vins ouvert ce soir du 24/12 et chroniqués ici ou là, ce post ne fera pas postérité.

Mais depuis près de 15 ans qu'il est en cave, j'attendais un beau moment pour en profiter sereinement, sans invités quoi.

Non, je blague, mais faut bien sourire un soir de Noël entre 4 yeux au lieu de 12/14 habituellement.

Ce vin, lui, donne le sourire. Puissant, mature mais franchement à la faible oxydation (une surprise), et surtout sur un superbe fruit un poil confit de haut vol. Je n'en avais pas ce souvenir, malgré ma bonne dizaine d'expérience avec cette cuvée que Francis Boulard nous avait fait découvrir en avant première à la fin 1999 en précisant, d'un regard malicieux : "c'est une cuvée pour les amateurs, sur le mode de la soléra".

C'était la première fois que j'entendais ce terme,  assez usité depuis (mais pas encore assez à mon goût, c'est là pour moi l'adn suprême de la champagne). Il parait que "Soléra" ne devait pas être utilisé car déposé par les espagnols..depuis on s'est souvent affranchi de cela en notant parfois "réserve perpétuelle", etc...peu importe : la méthode a fait en 20 ans ses preuves et le vin jeune est éduqué par les vieux millésimes, chacun apportant sa pierre.

Bon , si on garde ses bouteilles comme moi 15 ans avant de les ouvrir, le jeune vin est déjà un sénior avancé...seule reste la dégustation.

Une fois encore, le Champagne prouve qu'il est le plus grand vin de garde au monde hormis les vins jaunes. Amen (c'est de saison, la laïcité tolérant les égards chaque 24/12).

Ayons bien sûr une petite pensée pour le pape, qui au IVeme siècle, a décidé unilatéralement de mettre la naissance de Jésus le 24/12 car les jours commencent à rallonger, le jour dit de 'sol-invictus" puisque le soleil l'emporte sur les ténèbres. Et vive la Soléra !

 

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